Rapport du conseiller A.EUGSTEL

séparation Le rapport de 1915

"Quedlinbourg"
(visité en février 1915)

Le camp nouvellement construit peut contenir 15 000 hommes; actuellement il n'est occupé que par 11 000 personnes. Les frais de construction ont été de 1 1/2 million de marks. L'édifice n'est pas encore entièrement achevé. La disposition du camp est très heureuse, il a d'excellentes routes et sa propre conduite d'eau. Partout la lumière électrique, jusqu'à 8 heures, et pour les médecins, jusqu'à 10 heures.

Logements satisfaisants. Chacun a droit à deux couvertures.
On trouve ici un assez grand nombre d'internés civils entre 17 et 60 ans. Un de ces messieurs, qui est de Cambrai, a porté le jugement suivant: Les officiers nous traitaient bien; quant à la nourriture nous aimerions qu'elle fût meilleure et que le pain fût plus abondant." La plus grande attention est apportée à l'hygiène. Aussi les conditions sanitaires sont-elles excellentes.
Afin d'éviter la dysenterie, on établit devant toutes les latrines un poste de surveillance qui veille à ce que tous ceux qui sortent de là se lavent les mains.
La cantine vend, à côté des articles nécessaires, des harengs, des pommes de terre, des saucisses, de la soupe, de la marmelade et du sucre, à des prix modérés.
Des livres, que la censure examine, peuvent être envoyés.
La nourriture ne parait pas, ici non plus, satisfaire les prisonniers. Le médecin d'état-major, qui l'examine, est pourtant d'avis qu'elle fournit les calories nécessaires. Des quatres cuisines, trois sont administrées par des particuliers et la quatrième dépend directement du commandement du camp. Ce dernier, au reste, est disposé à prendre aussi la gérance des autres cuisines.
Grand dépôt de souliers, chemises et vêtements civils.
Parmi les ecclésiastiques prisonniers, au dire du général, on pourrait en renvoyer plusieurs sans inconvénient. Il y a aussi trop de médecins ici. Le commandant veut proposer d'en renvoyer quelques-uns, ainsi que des ecclésiastiques.
Les médecins s'étant déclarés peu satisfaits de leurs logements, le commandant a de suite promis de leur en donner de meilleurs.